Allez, viens, on s’caaâaasse.

Allez, viens, on s’caaâaasse.

06/12/2018 0 Par Loup


Depuis que je suis rentrée de mon expédition chez les Pirates de Coucouron, le dernier week-end d’octobre, je n’ai pas pu repartir en balade.

Et le manque se fait sentir.

Je n’en peux plus, je suis en manque de bornes. Voir mon compteur stagner et avancer par tranches de dix ou vingt kilomètres par jour me déprime, et le seul à être ravi de cette situation, est mon portefeuille, qui remplit désormais plus souvent mon frigo que mon réservoir. Ô rage, Ô désespoir motard. ?

J’ai l’impression d’être rentrée dans un train-train quotidien certes plus agréable que le précédent, mais d’un fade terrible…

Car entre le blog à construire, et le nouveau travail où je dois faire mes preuves, j’ai d’autant plus besoin d’aller rouler, d’aller me changer les idées, loin.

Si je ne reprends pas les routes rapidement, je pense très sincèrement, et sans exagérer (promis!) que je vais craquer. Genre vouloir partir rouler, pis se retrouver loin; un peu comme l’autre jour, un après-midi, où j’avais atterris au milieu de champs de tournesols après avoir traversé deux départements, avant de retourner à la raison et de faire demi-tour.

Je prends pourtant tous les jours ma moto, pour aller et revenir du travail, faire des courses… Mais ce n’est pas la même chose que partir rouler “réellement”.

J’ai besoin de ma dose.

J’ai besoin de retrouver ma compagne de voyage, celle qui avale des heures et des centaines de kilomètres de bitume par jour, celle qui m’a portée sans faillir jusqu’en Italie, celle qui ronronne joyeusement dans chaque col et route viroleuse de notre belle Europe.
J’ai besoin de la retrouver, elle, avant que la monture de voyage ne se transforme en bête de transport aux pneus carrés, bonne à faire le trajet maison-boulot-maison et rien de plus.

Et là où le bas blesse, c’est que je n’ai plus le temps d’aller faire de vraies balades.

De celles qui font 300km, durent un après midi minimum et me dépaysent vraiment. De celles qui m’offrent les champs, les bois, la montagne, la plaine, les oiseaux, les troupeaux… Qui m’enchantent, m’arrachent sans peine aucune un sourire interminable et grisant. Qui redonnent des couleurs aux sons, du gout aux images, de la vie à la mienne.

J’ai souvent plaisanté sur ma dépendance naissante à la moto, “ça y est, j’suis accro“, “je me rend compte que je ne pourrais plus passer plus d’une semaine sans faire de moto“.

Mais en vérité, c’est je pense bien plus qu’une simple addiction au fait de poser mon derrière sur ma brêle.

C’est le fait de partir, de découvrir, d’explorer, de vivre la route et ses aléas, qui m’a rendue accro.

Quand je serais grande, je ferais “voyageuse professionnelle”…

J’explorerai le monde, perchée sur deux roues, le vent passant entre mes doigts tendus, les pieds dans le givre ou le sable, et la tête dans les étoiles.