Découverte.

Découverte.

23/08/2018 0 Par Loup

?✨ Vêtue d’un manteau sombre parsemé d’étoiles, la Nuit s’avance doucement, pour prendre la place du Jour.

Pied à terre, la belle lovée entre mes jambes ronronne en attendant le signal du départ.

? Clac. Première-Gaz. Clac. Deuxième-Gaz. Clac. Troisième-Gaz.

Lancées dans l’obscurité, nous prenons ce chemin que nous connaissons maintenant par cœur. Les lampadaires et les bandes blanches défilent, dans un flou grisant.
Je me lève sur mes cale-pieds, visière ouverte, et observe ainsi le monde d’un peu plus haut. Je reste dans cette position le plus longtemps possible, prenant rond-points et ralentisseurs en toute sérénité, perchée sur ma machine… ??

Puis je me rassois, et au détour d’un virage, une zone sans éclairage urbain me permet de profiter du ciel. Je lève la tête, et observe la Lune, fière et haute dans le ciel, partageant avec humilité sa lumière… ?
La musique qui pulse dans mes oreilles à cet instant précis rajoute à ce sentiment de calme, et j’étends alors le bras gauche pour saisir le vent, tout en déhanchant à un rythme régulier, faisant ainsi slalomer ma monture…

Chemin faisant, de nouveau en agglomération, j’aperçois au feu rouge suivant une grosse cylindrée calée devant les voitures, et me faufile jusqu’à ses côtés. Je salue son pilote d’un hochement de casque, il me répond de même, et je laisse ma tête dodeliner au son des basses crachées par mon intercom, perdue dans ma bulle. ?

Je l’entend à ma gauche préparer son démarrage en mettant un peu de gaz, et cela déclenche chez moi ce que j’assimile avec le recul à un sentiment de compétition.

Je ne sais pas trop pour quelles raisons, mais je veux faire la course. Je veux… jouer? ?

Je guette le feu, pied droit à terre, en première, pied gauche sous le sélecteur, les mains sur les commandes, prête à démarrer.

Vert.

Je met des gaz, passe la deuxième, ouvre en grand, et le voit dans mon rétro lancer sa moto. Je passe la troisième, genoux serrés contre mon réservoir, le corps penché en avant, le cœur battant. Un coup d’oeil derrière, personne. Plus de voitures, plus de moto.
Je suis seule.
Je relâche mon accélérateur, guette quelques secondes la lumière de phares dans mon rétroviseur, toujours personne…. ?
Interrogative, je suis soudainement envahie d’un sentiment de joie intense, en réalisant que j’ai distancé ce motard.

…J’ai dit distancé ? Pardon, je voulais dire : fumé, cramé, explosé. J’ai mis misère à un gros cube. ?

Moi, mes grosses fesses et ma Noireaude, nous avons déboité une moto plus puissante, et ce sans appel.

Le sourire que ce constat me décroche me fait un bien fou, et je rentre chez moi..

– – –

Après une longue journée, elle-même prise dans une longue semaine, je retrouve enfin ma bonne humeur. Encore une fois, la moto m’aura remonté le moral comme rien d’autre ne le fait, et je pars ce soir me coucher un peu moins tendue que la veille… Pis bon, j’ai fumé un gros cube. ??

Et je n’attend qu’une chose : le jour de paie, que je puisse partir de nouveau sur les routes.

✌?