Aventure permis A2, épisode 18 :

15/02/2018 0 Par Loup

 

Mardi soir, j’arrive à la piste un peu agacée.

Je ne sais pas bien pourquoi, mais je suis à fleur de peau, et démarre au quart de tour, prête à sauter à la gorge de celui ou celle qui aurait le malheur de me regarder de travers… bref, je suis de mauvais poil.

J’enfile mon équipement, renfrognée, et même la vue de 04 ne calme pas mes nerfs.
J’esquisse un petit sourire en la voyant m’attendre, mais guère plus.
Je pense qu’à ce moment là, je ne me rend pas compte de mon humeur, et me lance donc dans quelques tours de chauffe comme si de rien n’était.

Une fois les pneus chauds et les mains ré-habituées aux commandes, le seul autre élève du jour et moi-même nous installons chacun sur notre piste, pour une bonne heure de pratique sur l’exercice du rapide, et donc de l’évitement.

Je réussis quelques fois le parcours que ce soit à gauche ou à droite, et je suis plutôt fière de moi; mais assez rapidement, je bouscule quelques plots, pour finir même une fois par juste traverser la zone de l’évitement sans même pousser sur mon guidon…
Je me rend alors compte en m’entendant me parler toute seule dans mon casque, que je monte en pression doucement, mais sûrement.

A plusieurs reprises je m’arrête, souffle, respire, ferme les yeux et essaye de me vider la tête, avant de repartir de plus belle rouler sur les plots, au doux son de la voix de mon moniteur, ce chant des sirènes composé principalement de “les yeeeuuuux” et du classique “LÈVE LA TETE!!”. Aaaah. Ça m’manquait.. ? ?

Frustrée par mes échecs, je brûle en vitesse non pas une, mais deux cigarettes lors d’une petite pause, avant de reprendre sur des exercices à allure lente.
Le but ? Travailler la maîtrise des commandes et l’allure.

J’eus été heureuse, si je n’avais pas été déjà sensée avoir déjà réglé ce soucis plusieurs semaines auparavant… ruminant dans mon coin, je m’installe à l’entrée d’un slalom de plots serrés, façon parcours lent, étalés sur la moitié de la piste.
Je m’apprête à partir, quand on me fait savoir que ce serait mieux de commencer dans le bon sens… Mon ego déjà bien énervé (au sens le plus littéral…) peste en mon for intérieur pendant que je vais me placer du bon côté…

Je me lance, fauche des plots et râle pendant un bon moment..
Quand tout à coup, au détour d’une sortie d’un des plots, je sens la moto pencher à gauche. Un peu. Un peu beaucoup, même. Et je sais alors que la chute est inévitable. Je cède et essaye de me dégager au dernier moment, oubliant par la même mon tibia droit sous la moto un court instant. Cela suffit à me lancer une belle douleur dans la jambe, et pour une fois, je ne me relève pas de suite.

Assise à côté de la moto, les fesses dans la flotte, la belle gisant à côté, j’appuie sur le coupe-circuit, me met en tailleur, et prend une grande et longue inspiration… Je reste ainsi quelques secondes, essayant de vainement me calmer, ne comprenant pas pourquoi je suis aussi tendue depuis le début.
A l’arrivée de l’autre élève et de mon moniteur (qui m’aide à remettre ma monture sur ses roues), je me redresse et constate que je me suis encore abîmée. On me demande si ça va, je hoche la tête et cache au mieux ma douleur. Mon côté “guerrière”.. haha. Ha. Aïe. ?
A ce moment précis je suis un mélange d’ego blessé, de frustration, de déception et de colère mêlés.

Je reprend le parcours après quelques minutes à souffler, je me rate encore, pique une crise, fait un tour de piste en troisième pour me passer les nerfs, et je vois mon moniteur se diriger vers moi avec des post-it… qu’il me colle alors à droite et à gauche de ma visière. ?
Décidément, entre ça et les tours de balais, on peut dire que je fais travailler sa créativité…. ?
A moi maintenant d’adapter mon regard pour voir le parcours sans être gênée par les post-it…
Je me sens un peu ridicule, mais je dois admettre que ça marche.. et la séance se terminera même sur ce qui serait presque une réussite sur un parcours de type examen..

Cette séance a été très éprouvante nerveusement, et j’en viens à penser que je me met une pression monstre “pour rien” .. quand je suis calme et détendue, ca passe, quand je ne le suis pas, je me vautre.

Preuve est faite, non…? ?

 

Toutes mes excuses pour le retard, soyez prudents sur la route, et ne faites pas la même erreur que moi.. ne vous laissez pas dominer par vos émotions, ça pourrit complètement la conduite..!

V à tous ?