Circulez, y’a rien à voir !

Circulez, y’a rien à voir !

24/04/2018 0 Par Loup

Ce matin, c’est le grand jour. Celui qui déterminera si je vais pouvoir enfin clamer haut et fort que oui, je suis une motarde ! ?

 

C’est toute embuée que je me réveille sur les coups de 06h du matin, et manque de me rendormir sous le coup de la fatigue.
Je me traîne jusqu’à la cuisine, me prépare un chocolat chaud, puis me brosse les dents en hâte en voyant l’heure courir plus vite que je ne sors de ma brume matinale, et m’installe dans ma voiture, direction la piste.

 

Au fil des kilomètres qui se déroulent sous mes pneus, je sens peu à peu un stress bien plus intense que lors de l’examen du plateau se saisir de mon estomac, et le presser comme un citron… Malgré la musique mise à fond dans la voiture, et les “Je pars en balade moto ce matin, c’est chouette !” que je me répète en boucle pour me calmer, je commence à avoir la nausée, alors que je vois l’entrée de la piste apparaître au loin.

 

Lorsque j’arrive à 06h55, les autres sont déjà arrivés, et le patron (qui nous amène à l’examen aujourd’hui) a déjà choisi qui partira sur la moto, et sur quelle monture.. Un peu triste de ne pouvoir, ni prendre 04, ni conduire sur l’aller pour me déstresser, je m’installe près de la fenêtre passager arrière dans le mini-van de la moto-école, le cœur serré.
J’essaye tant bien que mal de me détendre, et de parler avec les autres, mais ils ne sont pas très loquaces, ce qui ne va pas pour me détendre…

 

07h38, nous arrivons au centre d’examen, descendons du van, et entrons dans le bâtiment.
Petite pause toilettes, et cigarette pour qui le souhaite, et nous nous dirigeons ensuite vers le bureau de l’examinatrice, une femme d’une cinquantaine d’années, souriante et douce, dont l’attitude me détend un peu, presque immédiatement.
Chacun notre tour, comme au plateau, nous présentons notre permis, notre équipement et les étiquettes d’homologation, pour finalement décider de qui commence, et retourner au van pendant que l’heureux élu se prépare à commencer.

 

08h08, nous prenons la route derrière le premier élève, et je tente de fixer mon attention sur tout et n’importe quoi, dans l’espoir de faire disparaître le stress restant… Les arbres, la route, l’élève en cours d’examen.. Je fais les contrôles dans le van, envoie des messages, et tourne mentalement en rond…
..Jusqu’à ce que j’entende l’examinatrice dire dans le talkie “Vous vous garez sur le côté, stabilisez la moto, mettez le point mort, et coupez le moteur, afin que le prochain élève puisse se lancer.” , et je la vois se tourner vers nous, et demander qui veut passer ensuite. Je me porte volontaire, sentant que plus j’attendrais, plus je monterais en pression, et moins j’aurais de chances de m’en sortir…

 

 

 

08h35, après être descendue du van, avoir attrapé et enfilé mon équipement et l’oreillette, je me dirige vers la moto, 05. Je met mon premier gant, l’attache, attrape mon deuxième gant, tire dessus pour le mettre, et la fameuse et importante étiquette d’homologation “CE” me reste dans les doigts. Je regarde cette étiquette avec ressentiment. “Ok l’étiquette, tu ne veux pas participer, très bien.” . Je la met dans ma poche, finis de mettre mon gant, et met le contact.

 

Je fais mes contrôles, et lorsque la voie est dégagée, je m’engage sur la route…
Je suis assez perturbée par cette histoire d’étiquette, ce qui peut paraître stupide, mais dans des situations stressantes, le moindre petit détail peut ruiner toute forme de concentration… J’écoute attentivement la douce voix de l’examinatrice, et à part une remarque sur ma vitesse une fois (“Nous sommes hors agglomération, vous pouvez rouler !”), et une bataille avec mon clignotant qui au lieu de s’éteindre, clignotait à droite, à gauche, à droite, à gauche (et ce jusqu’à ce que je l’insulte, ce qui a semblé le calmer), il ne me semble pas avoir fait d’erreurs lors de mon parcours…
Je ne me suis pas trompée sur l’itinéraire, j’ai parfois eu des trajectoires un peu bancales sur les rond points, mais j’ai toujours fait mes contrôles, fais attention aux priorités à droite, aux distances de sécurité autour de la moto, aux limitations de vitesse… Et j’ai même réussi à démarrer dans un virage plein de graviers, pris la peine de laisser passer des piétons, et salué les autres motards d’un signe de tête. Je me suis également surprise à fredonner sous mon casque une chanson qui me revient toujours en situation de stress à moto.

 

Mon examen se termine à 09h avec un passage à notre piste, où on nous propose (à ceux qui sont déjà passés) de rentrer chez nous. Je refuse poliment, souhaitant rester avec les autres comme soutien moral, le temps de leur examen… L’examen se termine, et je repars en croisant les doigts concernant le résultat, notre accompagnateur n’ayant pas souhaité nous communiquer son avis sur le résultat…

 

On se retrouve donc jeudi matin pour savoir le fin mot de toute cette Aventure Permis A2… ?

 

 

C’est en écrivant ces quelques lignes ce soir je vous l’avoue, que je me rend compte que le remède le plus efficace à mon stress, et mes anxiété chroniques, c’est la moto… Stressée à en être presque malade lors du départ, le simple fait de faire de la moto m’a calmée.
Je ne le dirais jamais assez, mais la moto m’a déjà apporté en quelques mois bien plus que je ne l’aurais jamais espéré : une solution à mes problèmes d’anxiété, un sentiment de plénitude totale au guidon, une liberté sublime, un amour de la machine, et cerise sur le gâteau : un homme heureux et fier de partager cette passion avec moi, et qui fait mon bonheur un peu plus chaque jour.
(Si tu me lis…?)

 

V à tous, roulez prudemment, prenez soin de vous, et surtout, osez.
Osez vous lancer dans ce qui vous plait, quoi que ce soit, et ce quoi qu’on vous dise.?