Servie sur un Plateau …

Servie sur un Plateau …

18/04/2018 0 Par Loup

Aujourd’hui, c’est la Saint-Parfait. Voui Voui, regardez votre calendrier…. ?
(Mercredi 18 avril 2018)

Après un réveil en douceur, et un chocolat chaud avec ma moitié, je m’installe dans ma voiture sur les coups de 11h, un peu tendue mais sereine.

En route pour la piste, je met de la musique à fond, chante, ravie d’aller faire de la moto, et c’est donc d’excellente humeur que j’arrive à destination.
Chaque élève arrive, se prépare, et après un briefing donné par notre moniteur, nous nous dirigeons vers nos motos respectives…

Elle est là, ma belle 04, et je viens finir de m’équiper à ses côtés.

L’échauffement est lancé, et notre moniteur nous précise que c’est bien un échauffement, et non un entraînement. On doit se modérer, afin de ne pas faire de bêtises si près du but.

C’est donc sagement que j’exécute les parcours lents et rapides, avec seulement un ou deux ratés sur le rapide, le temps de reprendre mes marques. Durant l’heure qui suit, j’y vais tranquillement, et me réserve pour le reste de la journée.

13h.
L’échauffement terminé, il est maintenant temps de nous préparer à aller au centre d’examen.
Gilet “Moto-Ecole” enfilé, oreillette en place, talkie allumé, je termine de m’équiper, et pars enfourcher 04, ravie d’aller me balader!

Installée pour le trajet aller en avant-dernière puis dernière position, je prend le temps de regarder le paysage, de souffler, chantonner, me relaxer… moment qui me rappelle ô combien la moto m’est précieuse, mais qui ne m’apporte aucun stress concernant l’épreuve pour autant !

Nous arrivons finalement au centre d’examen, et après avoir posé nos affaires, et bu un peu (il fait à ce moment là environ 27°C …), nous rejoignons l’examinateur, et chacun notre tour nous présentons, après une poignée de main, notre casque et nos gants, avec leurs étiquettes de certification, puis la hauteur de nos chaussures, afin qu’il puisse s’assurer qu’elles couvrent bien la cheville.
Et…. C’est là que j’ai la bonne idée d’évacuer mon stress en lui lâchant un “Les deux sont identiques, hein”, car il ne regarde qu’une chaussure sur deux.. une réaction à inscrire au panthéon des vannes pourries, je sais ..

Une fois fait, direction la piste du centre, près de nos motos.
Nous procédons par ordre, et je suis en deuxième position.
Vient donc mon tour, et après avoir effectué la poussette, j’attaque les vérifs.

Il me demande les freins, et je lui montre, sûre de moi, les commandes de freins, et où vérifier les niveaux.
Malheureusement, entre le stress et le fait que ça me paraisse évident, j’oublie de mettre la moto droite lors du contrôle des niveaux… Il m’arrête donc là, et me donne un B.
Puis, il vérifie que mon casque est correctement attaché, et je me retrouve face au parcours, l’estomac un peu noué après avoir vu l’élève qui passait avant moi sur le lent être recalée.

En position face au lent avec premier tournant à gauche, je respire profondément, et me lance. Je passe la première porte, et m’arrive alors ce que je redoutais : mon joli bug du demi-tour en entrée de lent.
Pour une raison mystérieuse, parfois, quand j’entame le lent, je fais un beauuu demi-tour tout propre, au lieu de faire le parcours……
Et il fallait que ça tombe aujourd’hui.
Évidemment.

Je reviens au départ sans poser le pied, remet la moto en place, et regarde l’inspecteur, “Cela fera donc un C…. Vous pouvez réessayer.” .

À ce moment là, je bloque de toutes mes forces le stress qui essaye depuis un moment de se faire une place à mes côtés. Je le vois, ce fourbe, me sourire, l’air de dire “ta deuxième chance sera la seule, t’as pas le droit à l’erreur!!” … eeeeet merci moi-même pour cet encouragement. Soupir.

Je demande à l’inspecteur 30s pour respirer, tout en restant sur 04, qu’il m’accorde, bien qu’il semble assez pressé.

Je reconstruit ma bulle, la rend imperméable, et : inspire, expire, regarde le parcours. Inspire, expire. Inspire, expire. Gaz.
Je me lance, concentrée, sourde aux appels du stress, passe la première partie du lent, et m’arrête au demi-tour, puis part en direction de l’arrêt pour récupérer le passager.
L’élève qui fait la passagère est de petit gabarit, et lorsqu’elle monte derrière moi, je ne sens pour ainsi dire presque aucune différence. Je vérifie quelle soit bien installée, et la préviens de mon démarrage.
Nous nous dirigeons vers les portes, et après les avoir passées, je m’arrête le plus doucement possible à la fin du parcours. Elle descend, et l’inspecteur annonce : “A, vous pouvez vous préparer pour la suite!” .

Je retiens le temps de me mettre sur le côté un profond soupir de soulagement, qui m’échappe dès que je suis un peu en retrait .
Assise sur le côté, je regarde les autres passer, et une fois fait, nous nous préparons pour le freinage d’urgence, puis le rapide.

La personne qui passait première jusque là ayant été recalée, je me retrouve à passer en première sur les épreuves suivantes.

Le freinage d’urgence d’abord.
Je met les gaz, arrive au demi-tour à gauche, puis repars dans l’autre sens, met plein gaz, lâche un poil avant la ligne, sans freiner, et une fois la ligne franchie, freine fort de l’arrière et de l’avant, puis m’arrête proprement bien avant la ligne.
L’examinateur me fait signe de passer à la suite, je fais donc demi-tour à l’entrée du parcours, et m’arrête en douceur.

Et je recommence… j’inspire, j’expire, et met les gaz, première engagée. Deuxième, gaz. Troisième, gaz. Gauche, droite, gauche, droite. Je regarde mon compteur en fin de slalom, et vois que je suis à environ 47km/h. Je freine assez fort pour pouvoir aborder le demi-tour en première, puis gaz, deuxième, gaz, troisième, gaz. Un coup d’oeil au compteur, et je remet des gaz.
Je vois l’évitement se rapprocher, croise mentalement tout ce que je peux, vois la ligne disparaître de mon champ de vision, et pousse…
…Pas de bruit de plot, je me détend d’un coup, et viens sagement m’arrêter dans la zone prévue, soulagée.

Mon moniteur me sourit, et vient récupérer la moto pendant que j’en descend. Je lui souris à mon tour…
Il en aura bavé pour me faire réussir ces épreuves, mais grâce à sa persévérance, sa patience, et sa gentillesse, c’est grâce à lui, et avec soulagement que j’entend à cet instant : “A, pour les deux épreuves, vous pouvez aller vous préparer pour les fiches.”

J’attend les autres dans un coin, puis me dirige avec eux vers la salle. Là également, je me retrouve à passer première.
Cette partie est celle que j’appréhende le plus, étant souvent incapable de ressortir mes connaissances à l’oral, peu importe le sujet…

Je rentre donc dans la salle, ferme la porte, et m’assois. Il me tend le carnet de fiches, et j’en pioche une sans trop hésiter, en lâchant par réflexe un “De toutes façons, j’ai jamais eu de chance avec l’aléatoire ! Haha. ”

…Et je tombe sur la n°10, “La fatigue et la route de nuit”.
Je regarde la fiche, les aides, et là, le bug.
Pour ne pas laisser de blanc se créer, je décris ce que je fais à voix haute.. du genre “Aaaalors.. Là je relis juste pour me remettre dedans, hein, voilà.. donc… Je relis.. Je… relis… toujours… voilaaaa..”, me viens un déclic, et j’enchaîne ensuite d’un coup sans m’arrêter, je parle des différents points, les relie entre eux, me rappelant les conseils que mon moniteur m’avait donné…
Et au bout d’un moment, je vois l’examinateur ranger une partie de ses affaires, et m’arrêter en pleine phrase : “Bon, je vous arrête là hein, ça ira très bien, vous pouvez y aller !”
Je ne me fais pas prier, et sors de la salle !

Les autres passent, je respire, soulagée, et prépare mes affaires en attendant.
Une fois tous passés, nous retournons vers les motos, et notre moniteur nous fait un premier petit débriefing. Sur les quatre que nous sommes aujourd’hui, deux ont obtenu leur plateau, et iront à la circulation dès que possible.
Nous remettons notre équipement, et cette fois-ci, pour le retour, je passe en tête.

Ce n’est qu’une fois sur la route, que je réalise que j’ai réussi. J’ai eu mon plateau. Je me dandine sur la moto, une bonne partie du trajet, jusqu’à ce que j’entende dans mon oreillette “Loup, on arrête de slalomer sur la route maintenant s’il te plait…”
Je me calme et reprend mon sérieux environ deux secondes, puis hurle dans mon casque : “J’AI. EU. MON. PLATEAAAAUUUU !! ”

On rentre finalement à la piste, après que je me sois paumée dans une voie sans issue, où j’ai essayé de faire un demi-tour sur la route en ayant la roue avant prise dans du gravier, et où j’ai donc terminé dans les dits graviers en essayant de la dégager. Oui, je sais… C’est le talent, ça.
Je retiens également le moment où j’ai demandé “Combien j’ai fait au lent?”, et où mon moniteur m’a juste répondu “Bah il a regardé, a rien dit, et a lâché un ‘Ca passe laaaarge!’ , je pense que tu devais être à 24s environ !”.

Bref, avec un score de B.A.A.A.A, je peux dire que je suis pire que heureuse !!! 

Bon, “BAAAA” voilà, c’était pas si effrayant au final ! Non, ce n’est pas pourri comme blague..! 

On se retrouve bientôt pour la circulation !