A la conquête de l’Est – MDM 2018

A la conquête de l’Est – MDM 2018

19/06/2018 0 Par Loup

Ce week-end, nous sommes conviés à l’assemblée générale ordinaire de l’Assurance Mutuelle des Motards...


Jour 1 Vendredi 15 juin 2018

Le trajet aller se fera de Bordeaux à Saint-Étienne, avec une petite étape vendredi soir au Puy En Velay.

Malgré de nombreuses pauses lors du trajet, nous nous voyons rattrapés par la fatigue en arrivant à l’hôtel…. C’est donc à pieds que nous allons au Buffalo Grill du coin, faire le plein de viande et de bières… La nuit se fait dans un hôtel qui ne paye pas de mine, mais qui est propre, confortable, et dont le personnel est accueillant…


Jour 2 Samedi 16 juin 2018

Un petit déj’ au lance-pierre le lendemain, et c’est reparti direction St-Etienne, avec un léger retard pour le rendez-vous prévu à 12h00 avec la Mutuelle des Motards.
Il est 09h45, le GPS annonce plus de 2h de route pour 80km, mais nous arrivons en à peine une heure, sans arsouiller, et en empruntant de belles et larges routes légèrement viroleuses… un mystère.

Arrivée sur St-Etienne, je ne suis pas particulièrement séduite par la ville… Au contraire.
C’est gris, beige, marron, triste et sans caractère. Une bonne ville industrielle en somme.

Notre hôtel est près de la gare de Chateaucreux, et comme nous arrivons en avance, nous prenons le temps de nous poser, et de charger nos appareils (tel, intercom, camera..), avant de nous diriger vers le palais des congrès de la ville où se déroule le rassemblement auquel nous avons été conviés.

Au sortir de l’hôtel, nous commençons par suivre un autre motard, puis mon homme décide que l’itinéraire de ce monsieur n’est pas le bon, et nous partons de notre côté. Ne connaissant pas le coin, je suis mon homme… Grand mal m’en prit !
Le “trajet” qu’il choisit nous perdra dans la ville, et j’aurais alors l’occasion de regretter d’avoir mon intercom de connecté : il râle, peste, et s’énerve dans son casque, qui me retransmet tout en direct, volume compris… restons zen.

Lorsque nous atteignons finalement notre destination (“ah mais en fait il avait pas raison mais pas tors non plus le gars… désolé mon amour”), nous sommes invités à installer nos montures dans le parking souterrain du bâtiment…
Peu enchantée par l’idée de descendre ma belle au fond d’un trou dans le sol, loin de ma surveillance, je suis malgré tout le mouvement. Nous devrons alors caler nos deux motos chacune dans un coin, au milieu des nombreuses autres, les places étant déjà toutes occupées.

On remonte, une consigne pour les casques et blousons tenue par de charmantes demoiselles nous attend, ainsi qu’un repas type “gastronomique” (avec entrée, plat, dessert, et café).
Une fois l’estomac rempli, et après quelques rencontres fort sympathiques, nous prenons 5min pour fumer une cigarette à l’extérieur.

Je vais alors pour récupérer ma belle dans le parking, pendant que ma moitié reste pour accomplir son devoir de RES auprès de la Mutuelle.

Un rapide coup d’œil sur Google Maps, et je prend la route, à l’instinct… une portion d’autoroute pour sortir de St-Etienne, et je sors.
Me voilà à un feu, derrière deux motards, qui semblent partir en balade… Une seconde d’hésitation, et je prend la décision de les suivre, non sans appréhension, voyant que les deux sont sur des sportives, et certainement pas bridées….
A ma grande surprise, j’arrive à les suivre dans les virages sans forcer, et ce n’est qu’en ligne droite que je me fais évidemment distancer…

Une petite demi-heure/une heure à les suivre, puis je m’arrête, et regarde où je me situe. Je suis semble-t-il partie vers le Nord de Saint-Etienne, sous Lyon.
Je reçois un petit message d’Adrian, le Motard Bionique, me conseillant d’aller au Sud, vers “la tâche verte” sur la carte (merci!), et me voilà repartie, seule ce coup-ci.

Je passe par Chevrières, Fontanes, St Christo-en-Jarez… et m’arrête de temps en temps pour faire quelques photos, et profiter de la vue sur la vallée… Arrivée à Saint-Chamond, une petite pause “bière” s’impose.

J’attends un peu avant de reprendre la route, et rentre sur Saint-Etienne me poser une heure à l’hôtel, puis rejoindre mon compagnon pour le repas du soir organisé par la Mutuelle.

Encore une fois, je me retrouve à table avec des personnes très sympathiques, et qui ont un humour… à la hauteur du mien ! Haha !
En retournant au parking souterrain, je discute avec une dame charmante qui fabrique ses propres protections moto en cuir, et les vend, personnalisées. Tout est bien-sûr aux normes et sécurisé, et son travail minutieux donne envie d’avoir les moyens de lui en acheter… J’espère d’ailleurs avoir l’occasion de pouvoir mieux vous présenter son travail un jour…!

Arrivés finalement aux motos, nous commençons à nous préparer, quand une silhouette arrive du fond du parking, casque sur la tête, en trottinant. C’était une des personnes avec qui nous étions à table à midi, une charmante femme pleine de vie et d’énergie, et qui venait voir ma CB500X, curieuse.

Nous discutons avec elle un bon moment : de moto, de voyages, de sécurité à moto, comment protéger celles et ceux avec qui on roule, mais aussi de philosophie de vie… Une belle rencontre, pleine de rires et de bonne humeur, et ce n’est que la fatigue qui nous fait rentrer à l’hôtel et couper court à la discussion, amusés de cette rencontre inattendue.
(Si tu me lis, on pense à toi ! 🙂 )


Jour 3 Dimanche 17 juin 2018

Le lendemain, pas de petit déjeuner, mais un rendez-vous à 11h00 à Grammond, à 30/45min de St-Etienne, proposé par un motard que je porte en grande estime, et que je ne pensais pas avoir l’occasion de rencontrer un jour.

Nous préparons donc nos valises, et nos motos, et prenons la route, et après avoir fait un plein (nos motos ont beau consommer peu, y’a un moment il faut bien re-remplir les réservoirs hein… enfin je dis ça, la mienne consomme moins que celle de ma moitié… mwahaha ! ), nous arrivons dans les temps sur le lieu du rendez-vous.
On se salue, se présente “en vrai”, et après un petit moment passé à discuter, nous suivons notre compagnon de route du jour sur son Africa Twin (Cette moto me fait rêver…), armé de son itinéraire “Made in Tomtom” !

Lancée sur les routes derrière mon homme et lui en tête, je ne peux m’empêcher de me dire qu’ils vont me perdre, avec leur expérience et leurs machines… Mais ce ne sera pas le cas, enfin… peu souvent!

Ils ont la gentillesse de toujours m’attendre sur le côté quand je ne suis plus dans leur champ de vision, et apparemment cela ne dure jamais trop longtemps.. Ouf!

Sur la route, tous les trois fonçant en direction de nuages bien gris, de la bruine viendra doucement lécher nos casques…
Absolument pas découragés par la météo, nous continuons, et réussirons à passer entre les “vraies” gouttes.
Après une pause repas dans une petite boulangerie qui ne paye pas de mine, mais qui est bien sympathique, nous partons plein Ouest, vers Ambert.
Tomtom et Les Aventures D’un Motard Bionique nous amèneront sur de petits sentiers de chèvres slalomant entre les prés de vaches et chevaux, mais aussi vers d’autres routes, plus grandes, propres, et serpentant dans le paysage…

En voyant à plusieurs reprises Adrian ouvrir grand les bras, lâcher le guidon (pas bien!) et bader le paysage, je ris.
J’ai cette habitude de slalomer, et jouer avec le vent avec ma main lorsque le cœur m’en dit, et voir d’autres faire de même me donne cette impression de faire d’autant plus partie de la “famille motarde voyageuse

Un moment tout simple, mais précieux. ✌


Bientôt, nous tournons et virons au milieu d’immenses sapins sur la route RD996 entre les Pradeaux et Ambert, et alors que mes compagnons de route sont loin devant, je prend un virage moins prononcé que les autres, doucement, et je me surprend à tendre la main pour saisir le vent, les sens en éveil, le sourire débordant du casque, en profitant de la vue ensoleillée sur la vallée

Nous nous séparerons en fin d’après-midi, à Ambert même, autour d’un chocolat chaud, un café, et une bière.
Cette belle rencontre m’a marquée, et j’espère de nouveau avoir l’occasion de pouvoir rouler en aussi bonne compagnie, et dans d’aussi beaux endroits… ✨

Nous reprenons de notre côté la route pour notre étape du soir, Aurillac, et atterrissons dans un hôtel qui nous décevra un peu, assez loin de ce qu’il promettait d’être sur le site.
Cependant, la chambre contenait une petite carte de visite, pour une crêperie à 3.5km de là, appelée “Kaer Marie“; Ayant l’estomac peu rempli depuis ce matin, nous tentons l’aventure…
Une bonne idée, car nous dévorerons alors des galettes de sarazin garnies, bien faîtes, et des desserts tout aussi bons, avant de rentrer à notre chambre d’hôtel à moto, évidemment, et de nous affaler sur le lit, avec la grâce de deux lamantins en pleine digestion. …BURP.


Jour 4Lundi 18 juin 2018

Le lendemain, la fatigue se fait un peu sentir après une nuit trop courte; car bien que nous n’ayons plus que 5h de route pour rentrer, et que nous ne soyons pas pressés par l’heure, nous devons faire nos bagages, nous préparer, et rendre la chambre avant 11h00…

Pas de grasse matinée pour ceux qui roulent!

Nous ferons quelques étapes, notamment le midi à Collonges-la-Rouge.
C’est l’un des six “Plus Beaux Villages de France” en Vallée de la Dordogne. Ce qui se comprend quand on voit ce magnifique village, qui porte bien son nom : les maisons, chemins, routes, pavés, chiens, chats, lamas… sont rouges.
Bon, peut-être pas les animaux, mais vous avez saisi l’idée.

Un petit restaurant après la rue principale, sur la gauche, nommé “Les Pierres Rouges” nous permettra de nous restaurer avec des produits du terroir, préparés maison, et dosés pour de gros mangeurs. Du genre le magret d’un bon demi-kilo (gros, les canards dans le coin), agrémenté de cèpes, patates, oignons, lardons, et d’une sauce de mon choix…

Le bonheur, quoi. ✨


La digestion se fera non sans peine sur la moto (pauvre Noireaude), et l’estomac bercé par les virages restants.
La route reprise, je retiens également ce moment où j’ai bien ri, quand à la sortie d’un virage j’ai aperçu un petit oiseau sur la route qui bricolait quelque chose au sol avec son bec. Je l’observe avec curiosité, et ralentis pour ne pas le cogner.

Il m’entend arriver, tourne la tête vers moi, décolle et bat ardemment des ailes pour s’envoler. Mais même en ralentissant au maximum, je le rattrape et arrive à son niveau. Je me déporte alors sur sa gauche, pour être sûre de ne pas le blesser accidentellement, et je le vois tourner à nouveau la tête vers moi, batailler furieusement pour me dépasser, puis d’un coup lâcher nonchalamment la graine qu’il avait dans ses petites pattes, tourner à droite et s’envoler au loin… un peu comme s’il s’était dit “Je te laisserai pas ma graine, je te laisserai pas ma graine, je te laisserai pas.. Oh et puis merde y’en a d’autres hein!“.

Un peu de bruine plus tard sur la route, puis des gouttes plus conséquentes, nous poussent à nous arrêter pour enfiler l’équipement de pluie.
Mais alors qu’on se met sur le côté, et que l’on pose les motos, je sens comme un coup d’aiguille dans mon bras droit, au niveau du coude. J’agite ma manche, deuxième coup d’aiguille. J’enlève mon blouson, fouille, et sors de ma manche un insecte terne à rayures (façon guêpe/abeille), qui s’envole avant que je ne puisse l’assommer. Je regarde mon bras, et les piqures commencent à brûler, gratter, piquer, et surtout… à gonfler.

J’ai la tête embrumée, et je me pose sur une barrière, à côté des motos, pendant que mon homme allume une cigarette, et approche la braise de mon bras.
Je le regarde, les yeux écarquillés. Il m’explique que la chaleur va stopper le venin, et que la fumée chargée de nicotine va réduire la douleur. Je le laisse faire avec un regard interrogatif, et effectivement, je l’admets, ça marche : plus de sensation de piqure.

Toujours avoir un homme-médecine/chaman avec soi !!

On prend cependant un peu de temps avant de repartir, le temps que mes idées soient claires, et lorsque nous reprenons la route, il ne pleut plus. Plus de pantalon de pluie, moi, ça me va..!
Nous traversons, avant de prendre la route de Bergerac puis de Bordeaux, une ville entourée de grottes troglodytes, après avoir emprunté quelques routes en bord d’eau.

Les routes tournent moins, le paysage s’aplatit peu à peu, et les derniers virages passés, nous rentrons dans notre bout de plat girondin
Ses nombreuses lignes droites me permettront d’expérimenter différentes positions sur la moto, et même de trouver “la” position confort : les pieds en avant, posés sur les pare-carters, à mi-chemin entre la position patate, et la position Chopper, le coude gauche calé sur le genou, ou la main gauche sur le réservoir.

Cette position est aussi peu gracieuse que confortable… Oh yeah !


Ce fut un bien beau week-end de 4 jours, à traverser littéralement la France d’Ouest en Est, puis d’Est en Ouest, avec un sourire permanent, sur 1 400km.

Tout ce que je peux rajouter, c’est qu’à peine rentrée, je veux déjà repartir..!