Apprentie Voyageuse – Jour 4

Apprentie Voyageuse – Jour 4

15/06/2019 0 Par Loup

Mardi 08 mai 2018

Réveillée tôt, je me douche à 06h30, pour finalement ne prendre le petit déjeuner qu’aux environs de 10h00.

La destination du jour ?

Le château de Salles Curan, sur les hauts du Lac de Pareloup, au Nord-Ouest du viaduc de Millau. Et malgré un temps maussade et pluvieux, nous nous refusons à passer une autre journée sans faire de moto !


Partis sous les nuages et un temps à l’air pluvieux, ce n’est qu’en prenant de la hauteur que je me rend compte de l’état réel de la météo.
Un brouillard épais et gris semble avoir englouti les lieux environnants, et alors que j’avance inexorablement vers lui, je le sens nous envelopper goulument.

D’un coup, ma visière se recouvre de micro-gouttelettes, et la route disparaît de ma vue.

La peur au ventre, mon allure se réduit d’elle-même, alors que j’essuie mon casque du revers de la main toutes les minutes.
Je fixe péniblement les bandes blanches pour tenter de deviner où se cache chaque virage, mais cela ne me rassure pas.

Tout en luttant pour garder mon calme, ma petite voix me murmure sadiquement les statistiques des fiches moto : “moins de 25 ans.. attention à la perte d’adhérence.. et au regard.. et aux trajectoires.. “.

Je vois alors dans mon rétro ma moitié entamer un dépassement, puis venir se mettre devant moi pour me guider.
Un peu rassurée, je le suis, ou plutôt je suis ses lumières, comme je suivrais un feu follet m’ouvrant la route.
Mon cœur bat la chamade, paniquant dès que l’épais fog engloutit mon homme – soit lorsqu’il est à peine à plus de 20m de moi.

La route me paraît alors terriblement longue, interminable, et je suis bien heureuse d’avoir cette rassurante lumière devant pour veiller sur moi et m’ouvrir le chemin…
Suivant les panneaux “Millau“, nous nous extirpons finalement du brouillard, au profit d’un ciel dégagé; il fait toujours frais et humide, mais on y voit à plus de 20m, et c’est déjà plus que suffisant pour faire baisser ma nervosité.


On reprend un peu de rythme, et de courage, et c’est avec joie que je retrouve le plaisir d’enrouler timidement dans de beaux virages, au milieu de vals, de champs, et survolant quelques lacs depuis des ponts.

Découvrant le monde candidement, je ne peux que vous dire qu’une chose.. Ces routes sont simplement magnifiques !

14h30, Enfin arrivés à Salles Curan, c’est après une bière dans un café sur les hauteurs de la ville que nous enchaînerons les déceptions : les ruelles sont fades, les bâtiments récents, tout est fermé, et le château est privé !

Nous prenons la décision d’aller vers Rodez pour chasser le repas, car il n’y avait aucun endroit où nous restaurer dans la ville précédente. Cette malheureuse quête se terminera par défaut dans un McCrado, où nous arrivons affamés à ..16h30.
Après un baffrage de fast-food en bonne et due forme, nous débattons de la suite des évènements, pour finalement décider de tenter d’aller voir le village médiéval de Belcastel


Après une portion de nationale, nous nous retrouvons peu à peu sur des routes au charme allant aussi grandissant que mon sourire qui s’étend en les découvrant.

Un petit arrêt me permettra d’accrocher une fleur aux fixations de la bulle de ma belle, et de me rendre compte qu’elle aura bientôt fait 1 000km à nos côtés… En 10jours, ou deux semaines de permis, c’est plutôt honorable, non ? 🙂

Au fur et à mesure que le bitume défile, mon homme choisit d’autres petits spots, pour soit enfiler l’équipement de pluie au cas où, soit profiter du panorama et prendre plein de photos !
Une micro-frayeur lui sera provoquée en me voyant freiner de l’avant dans un bac à gravier, en bord de précipice..

Hm. …Je suis l’innocence, ok?

Deux choses à vous dire à ce sujet : “ça passe laaarge“, et “le gravier, c’est dans la tête…

De ruban d’asphalte en ruban d’asphalte, nous arrivons finalement au village, dont le château surplombe la ville.
Quelques virages en épingle plus tard (même pas ratés !), nous partons installer nos montures au repos, et nous préparons à visiter les lieux !

Belcastel fait, sans soucis aucun, concurrence au village de Saint-Cirq-La-Popie : les rues pavées serpentent entre de vieilles maisons en pierre et bois, arborant des toits recouverts d’écailles d’ardoise.
Les murs sont couverts de plantes, de fleurs, de mousses, et un sculpteur local a disséminé dans les rues du village ses créations.
La montée à pieds est plutôt aisée, comparée à Saint-Cirq, et bien que le château soit fermé, on ne peut regretter d’être venus tant l’endroit est agréable et reposant.

Nous reprendrons la route dans le cours de la soirée, voulant profiter au maximum de ce lieu magique, et échapperons par miracle à un rideau de pluie… Ouf!


Ce soir encore, l’orage tonne et éclaircit la nuit, mais il aura eu la délicatesse de ne pas nous être tombé dessus aujourd’hui !